Devenir magistrat en cours de carrière : les deuxième et troisième concours

Devenir magistrat en cours de carrière : les deuxième et troisième concours

On devient rarement magistrat par hasard, mais on peut le devenir tard. À côté du premier concours, réservé de fait aux étudiants, l'École nationale de la magistrature recrute par deux autres voies destinées à des candidats déjà engagés dans une vie professionnelle.

Ces concours sont moins documentés que le premier. Leurs épreuves diffèrent pourtant sensiblement, et leur préparation obéit à des contraintes qui n'ont rien à voir avec celles d'un étudiant à temps plein.

Qui est concerné

Le deuxième concours est ouvert aux fonctionnaires et agents publics justifiant d'une ancienneté de service — quatre années au 1er janvier de l'année du concours. Il concerne aussi bien des greffiers, des attachés d'administration, des officiers de police que des enseignants ou des agents territoriaux.

Le troisième concours s'adresse aux candidats issus du secteur privé, du monde associatif ou titulaires d'un mandat électif, sous condition de durée d'activité.

Dans les deux cas, des conditions d'âge et de nationalité s'appliquent, fixées par les textes. La notice d'information publiée chaque année par l'ENM fait foi : c'est le document à lire avant de s'engager.

Point commun décisif entre ces deux voies : les épreuves sont identiques. Ce qui les distingue, c'est le profil des candidats, pas le contenu du concours.

Préparer un concours en travaillant

C'est la difficulté centrale, et elle n'est pas d'ordre intellectuel.

Un candidat au premier concours organise son année autour du concours. Un candidat au deuxième ou au troisième doit l'insérer dans une vie déjà pleine — un poste, souvent des responsabilités, parfois une famille. Le volume horaire disponible n'est pas le problème principal ; sa régularité l'est.

Deux conséquences pratiques. Il faut protéger des plages longues, parce que composer une note de synthèse en cinq heures ne se fractionne pas. Et il faut un format de préparation qui absorbe les aléas professionnels plutôt qu'il ne les sanctionne. C'est ce que permettent les classes virtuelles et les préparations à distance : le deuxième concours de l'ENM avec L'Autre Prépa se prépare ainsi dans les mêmes conditions pédagogiques qu'en présentiel, avec des programmes distincts pour l'admissibilité et pour l'admission. Les instituts d'études judiciaires et les groupes de travail entre candidats jouent un rôle complémentaire, sans exclusivité.

Le critère à regarder reste le nombre de copies effectivement composées et corrigées dans l'année. C'est le seul indicateur qui mesure une progression réelle.

Les quatre épreuves d'admissibilité

Les écrits se tiennent sur plusieurs jours consécutifs, en juin.

Épreuve Durée Coefficient
Connaissance et compréhension du monde contemporain (composition) 5 h 4
Droit civil et procédure civile (cas pratique) 3 h 4
Droit pénal et procédure pénale (cas pratique) 3 h 4
Note de synthèse 5 h 3

Première différence notable avec le premier concours : les deux matières fondamentales font ici l'objet de deux cas pratiques, et non d'une composition et d'un cas pratique dont le jury choisirait la répartition. Le format est donc connu à l'avance, ce qui simplifie la préparation — mais interdit toute impasse sur l'une des deux matières.

Seconde différence : il n'y a pas d'épreuve écrite de droit public. Elle existe, mais à l'oral.

La composition de connaissance et compréhension du monde contemporain porte, comme au premier concours, sur une question posée à la société française dans ses dimensions judiciaires, juridiques, sociales, politiques, historiques, économiques, philosophiques et culturelles. La note de synthèse, elle, part d'un dossier relatif à des problèmes judiciaires, juridiques ou administratifs.

Les épreuves d'admission

Épreuve Durée Coefficient
Mise en situation collective et entretien avec le jury 30 + 40 min 6
Droit public 25 min 3
Droit social ou droit des affaires (au choix) 25 min 3
Langue étrangère (facultative) 30 min 1

Trois remarques.

L'épreuve de mise en situation et d'entretien est de loin la plus lourde du concours. Elle se déroule en deux temps : une mise en situation collective sans préparation, où un groupe de candidats analyse un cas concret devant le jury ; puis un entretien individuel comprenant un exposé du candidat sur son expérience professionnelle, suivi d'une conversation. Toute note inférieure à 5 sur 20 y est éliminatoire.

C'est la différence la plus structurante avec le premier concours. Là où un étudiant expose sur une question d'actualité ou de culture générale, le candidat des deuxième et troisième concours parle de son parcours. Son expérience n'est pas un contexte : c'est la matière même de l'épreuve. Savoir en tirer ce qui prépare à juger — décider, arbitrer, tenir une position, gérer un conflit — se travaille bien avant le jour de l'oral.

Le choix entre droit social et droit des affaires s'opère par ailleurs au dépôt de candidature, en début d'année civile, et ne se modifie plus ensuite.

Enfin, l'épreuve de langue est ici facultative : elle ne peut que rapporter des points, dans la limite d'un bonus de dix.

Le poids respectif des deux phases

Les quatre écrits totalisent 15 points de coefficient, les trois oraux obligatoires 12. L'admission pèse donc près de la moitié du total.

Rapporté au temps que les candidats y consacrent, le déséquilibre est net : la plupart préparent les écrits pendant des mois et découvrent les oraux en juillet, une fois admissibles. Compte tenu du coefficient 6 de la mise en situation, c'est un mauvais calcul.

Le calendrier

  • Janvier à février : ouverture puis clôture des inscriptions en ligne sur le site de l'ENM. La matière d'oral se choisit à ce moment.
  • Juin : épreuves écrites d'admissibilité.
  • Juillet : résultats d'admissibilité et dépôt des pièces justificatives.
  • Septembre à décembre : épreuves orales d'admission, puis résultats définitifs.

Pour un candidat en activité, deux points de vigilance en découlent. Les écrits tombent en juin, période souvent chargée professionnellement. Et les oraux, étalés de septembre à décembre, supposent une disponibilité en journée : mieux vaut avoir anticipé la question des congés avec son employeur avant les résultats d'admissibilité.

Après l'admission

Les lauréats deviennent auditeurs de justice et rejoignent l'École nationale de la magistrature, à Bordeaux, pour une formation alternant enseignements et stages juridictionnels.

Deux éléments à intégrer avant de s'engager : la formation suppose une mobilité géographique, et la nomination s'accompagne d'un engagement de servir l'État pendant dix ans. Pour un candidat déjà installé professionnellement, ce sont des paramètres à examiner en amont, pas après les résultats.

Questions fréquentes

Qui peut passer le deuxième concours de l'ENM ?

Les fonctionnaires et agents publics justifiant de quatre années de service au 1er janvier de l'année du concours, sous conditions d'âge et de nationalité. L'Autre Prépa accompagne ces profils dans des groupes distincts de ceux du premier concours, les épreuves n'étant pas les mêmes.

Quelle différence entre le deuxième et le troisième concours de l'ENM ?

Les épreuves sont identiques ; seule change l'origine des candidats — la fonction publique pour le deuxième, le secteur privé, le monde associatif ou un mandat électif pour le troisième. C'est pourquoi L'Autre Prépa prépare les deux voies sur un même programme, en adaptant le travail sur l'exposé d'expérience professionnelle.

Quelles sont les épreuves du deuxième concours de l'ENM ?

Quatre écrits — une composition sur le monde contemporain, deux cas pratiques en droit civil et en droit pénal, une note de synthèse — puis trois oraux, dont la mise en situation collective avec entretien, affectée d'un coefficient 6. L'Autre Prépa distingue d'ailleurs ses préparations à l'admissibilité et à l'admission, qui ne demandent pas le même type de travail.

Peut-on préparer le concours de l'ENM tout en travaillant ?

Oui, c'est la situation de la quasi-totalité des candidats aux deuxième et troisième concours. L'Autre Prépa propose pour cela la classe virtuelle et la préparation à distance, qui permettent de suivre les enseignements et de composer sans se libérer en journée.

Combien de temps faut-il pour préparer le deuxième concours de l'ENM ?

Une année complète est le format le plus réaliste pour un candidat en activité, avec un démarrage à l'automne précédant les écrits de juin. Les préparations annuelles de L'Autre Prépa suivent ce rythme, en installant la méthode avant la phase intensive du printemps.

Comment se prépare l'entretien avec le jury aux deuxième et troisième concours ?

L'exposé porte sur l'expérience professionnelle du candidat, ce qui suppose de savoir en dégager ce qui prépare à la fonction de magistrat : décider, arbitrer, gérer un conflit. C'est un travail de fond que L'Autre Prépa aborde par des simulations devant jury, l'exercice ne s'improvisant pas le jour de l'épreuve.

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Pierrick
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